Comment bien se préparer aux épreuves orales d’admission dans les grandes écoles de commerce ? Eric Cobast, directeur d’Atout Sup, la prépa de référence du Groupe INSEEC, livre ses conseils.

Les résultats sont tombés, il est temps d’organiser son « tour de France » et au milieu de toutes les démarches administratives on essaie de ne pas oublier de terminer sa préparation aux oraux. Le risque : temporiser en se disant que l’oral « ça n’est pas finalement si difficile que cela », que la spontanéité est un atout au moins aussi important que les connaissances… Erreur ! Les épreuves orales d’admissibilité demandent un minimum d’investissement.

Il faut d’abord distinguer les oraux qui évaluent des connaissances, et une aptitude à les présenter oralement de manière synthétique ; des oraux qui relèvent de l’entretien. Les seconds réclament une aussi grande préparation que les premiers. Chaque école se distingue ainsi par la nature des épreuves orales qu’elle organise (alors qu’à l’écrit les unes et les autres puisent à des « banques » communes d’épreuves.)

Eric Cobast

Eric Cobast est agrégé de l’université. Après une longue carrière dans les classes préparatoires, il est à présent conseiller à la recherche et aux productions académiques du Groupe INSEEC. Il dirige par ailleurs Atout Sup, une école du Groupe INSEEC consacrée à la préparation des examens (bac) et des concours (Sciences Po, Celsa, Ecole du Louvre).Il a publié de nombreux ouvrages aux presses universitaires de France qui font pour la plupart référence en matière de culture générale. Il conçoit des ouvrages parascolaires aux éditions de « L’Etudiant » (« L’Officiel du Tage Mage », « L’Officiel du Tage 2 », « L’Officiel du Tage Post Bac ») et anime quatre blogs pour « L’Etudiant » (dont « La culture générale des concours » et « Préparer Sciences Po »). Enfin, il intervient comme chroniqueur régulièrement sur France Info (« Un jour, une question »).

Les oraux académiques :

Philosophie, mathématiques, géopolitique, langues vivantes font l’objet d’épreuves orales plus ou moins sélectives dans les concours les plus sélectifs. L’entraînement effectué au cours de l’année grâce aux khôlles porte alors tous ses fruits. De fait, quelques semaines ne suffisent pas à s’aguerrir à ces épreuves qui réclament une réelle agilité intellectuelle : le temps de préparation généralement très court ne laisse à l’étudiant que la possibilité de rédiger un plan détaillé, voire (et c’est d’ailleurs plus sage) une introduction et une conclusion.

Deux conseils indispensables :

  • Pour les épreuves de géopolitique et de culture générale / philosophie, n’hésitez pas à annoncer clairement les différentes étapes de votre raisonnement. Ce qui peut paraître lourd et inutile à l’écrit est à l’oral essentiel : l’attention du jury est plus volatile et demande à être guidée.
  • Ne quittez jamais la montre du regard ! La conformité au format horaire de l’épreuve est un critère important de l’évaluation. 10 minutes d’exposé, ce n’est pas 5 ni 15 ! Il en coûte parfois à ceux qui oublient cette lapalissade.

Les épreuves de personnalité :

Elles se présentent soit sous la forme de « jeux de rôle », soit plus généralement sous la forme d’entretiens avec un jury composé de personnalités variées, souvent issues du monde de l’entreprise. Un questionnaire préalable est remis au candidat pour qu’il y indique ses goûts, ses choix personnels, bref qu’il offre au jury un point de départ pour l’échange. Ce qui a pour but de cerner les motivations du candidat, son projet professionnel mais aussi – autant que faire se peut – son profil, ses aptitudes.

Deux conseils indispensables :

  • Il faut vraiment s’entraîner et donc participer à toutes les séances qui sont organisées dans les différentes prépas. Il y a des questions récurrentes auxquelles il faut avoir une réponse déjà prête. De même qu’il faut avoir réfléchi longtemps à l’avance à ses qualités, ses défauts, ses envies, ses goûts et ses dégoûts, afin de ne pas hésiter lors de l’entretien, si ces aspects sont abordés. Une assurance bien maîtrisée est une des conditions du succès ( ce qui ne signifie pas excès de confiance en soi !).
  • Conserver à l’esprit que cet entretien est ambigu : il vise à vous choisir mais aussi à ce que votre choix se porte in fine sur l’école où vous êtes en train de passer cet oral. Vous aurez à choisir parmi ceux qui vous auront choisi. Cette réversibilité de la situation est à bien des égards rassurante.

Certains oraux combinent ainsi les deux types. C’est par exemple le cas de l’admission à l’INSEEC Business School, procédure où se trouvent associée une épreuve de culture générale / actualité (un sujet est traité parmi deux tirés au sort), et un entretien.

L’épreuve de culture générale (coefficient 7) a pour objectif de mesurer les facultés d’analyse et de réflexion de chaque candidat ainsi que ses facultés d’adaptation, d’éloquence et de persuasion.

Quant à l’entretien (coefficient 11), à partir du questionnaire complété au préalable par le candidat et lu par les membres du jury, il doit permettre à l’étudiant de se faire mieux connaître en dévoilant tel ou tel aspect de sa personnalité, de ses aspirations etc.

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