La 22ème édition du 4L Trophy a eu lieu du 21 février au 3 mars dernier. C’est au total 3000 étudiants environ qui étaient sur le départ à Biarritz pour parcourir plus de 6000 kilomètres jusqu’à Marrakech ! Deux équipes de l’INSEEC School of Business & Economics ont eu l’occasion de participer au rallye Biarritz-Marrakech. Alice Chassagne et Théo Marandola se sont prêtés au jeu de l’interview croisée pour vous raconter leurs aventures.

1- Pour commencer, pouvez-vous vous présenter ?
Alice : Je m’appelle Alice CHASSAGNE, j’ai 20 ans, et je suis étudiante en école de commerce à l’INSEEC School of Business & Economics, campus de Bordeaux. Je viens du Pays Basque, lieu qui me tient à cœur.
Théo : Je m’appelle Théo MARANDOLA, je suis étudiant à l’INSEEC SBE en première année de spécialisation achats et logistiques (M1), sur le campus de Bordeaux. École que j’ai intégré suite à deux années de classes préparatoires aux grandes écoles de commerce.
2- Comment avez-vous connu le 4L Trophy et avec qui êtes-vous parti ?
A. : Je suis partie avec Gorka ERVITI, étudiant en Œnologie à Saint-Emilion, qui est mon meilleur ami depuis le CP. Notre amitié est née sur les bancs de l’école primaire. Cette amitié confirmée nous a poussé, 15 ans plus tard, à relever le défi du 4L TROPHY.
Nous avons connu ce rallye car nous étions au collège ensemble à Saint-Jean-de-Luz et à l’époque, le départ du rallye se faisait sur le parking de notre collège. Chaque année, nous avions le droit de rester dans la cour afin de regarder toutes ces voitures partir… Notre rêve est né ici.
T. : J’ai connu le 4L Trophy grâce à un ami lors d’une soirée. J’ai directement accepté ce beau défi, et nous nous sommes renseignés sur les modalités d’inscription et de départ.
3- Pourquoi avez-vous choisi de participer au 4L Trophy ?
A. : L’œuvre humanitaire est mon mode de vie et je suis passionnée de voyage, c’est donc pour cela que j’ai voulu participer au rallye. Pour mon co-pilote, nous pouvons dire qu’il a soif d’aventure et qu’il est très attiré par de nouvelles découvertes.
T. : J’ai voulu participer au 4L Trophy pour plusieurs raisons. Premièrement, pour l’expérience humaine à vivre. La rencontre avec des personnes venues des quatre coins de la France issus de parcours différents. Deuxièmement, j’aime voyager et découvrir de nouvelles cultures. Les Marocains sont très accueillants, et nous avons été très bien reçus par l’ensemble de la population. De plus, nous avions apportés environ 30 kilos de fournitures scolaires pour l’association Enfant du Désert. Ce fut pour moi un challenge d’amener autant de fournitures scolaires à ces enfants du désert.
4- Combien de temps faut-il pour se préparer ? Quelles sont les démarches ?
A. : Nous nous sommes dit que nous participerons ensemble à la 22ème édition du 4L Trophy vers le mois de février dernier. À partir de là, nous avons commencé à nous préparer en mars. Nous avons activement recherché des sponsors, puis nous avons crée une page Facebook afin de faire un communiquer au maximum. Nous avons acheté la 4L seulement fin août car nous n’en trouvions pas en bon état… Toutes celles qui rentrent du 4L Trophy peuvent repartir mais il y a énormément de réparations à faire. L’achat a donc été assez difficile.
Concernant les démarches, nous nous sommes pré-inscrits fin mai.
T. : Pour préparer un 4L Trophy, il ne faut pas loin d’une année pour mettre en place ce projet. En effet, nous sommes partis de zéro comme la plupart des participants (achat de la voiture, projection du budget, sponsoring, mécanique, etc.).
5- Quelles étaient les principales étapes de la course ?
A. : Nous avions un jour et demi pour traverser l’Espagne. Ensuite, nous avons pris un bateau en pleine nuit pour réaliser 530 km et rejoindre Boulajoul, dans les montagnes et plus particulièrement dans l’Atlas. De là, nous avons mis le cap sur les dunes de Merzouga, dans le désert. Nous avions deux parcours différents à réaliser en deux jours et nous restions dans le même bivouac. Puis, le meilleur nous attendait. Les deux jours en totale autonomie : l’étape marathon. Certaines voitures n’ont pas pu la réaliser car l’état de leur châssis et leur moteur ne leur permettaient pas. Ils ont donc dû retrouver Marrakech par la route et non pas par les pistes, car les mécaniciens ne nous suivaient pas sur l’étape marathon.
T. : Les principales étapes de la course se sont réalisées dans la région de Merzouga à une vingtaine de kilomètres de la frontière algérienne. Nous partions le matin pour une étape d’orientation, le but étant de réaliser le moins de kilomètres au compteur à l’arrivée ; Nous avons fini 424 sur 1108 équipages. Nous sommes fiers car nous découvrions l’orientation en plein désert. Nous faisions, en général, 150 kilomètres dans la journée afin de rentrer au bivouac.
6- Concrètement, comment se passait ton quotidien dans le désert ?
A. : Nous dormions dans des tentes, avec mon co-équipier. Le premier soir, nous avons eu une tempête de sable, donc difficile à apprécier le lieu car il y avait d’énormes rafales. Mais cela est vite passé et nous avons pris beaucoup de plaisir à profiter du décor dans lequel nous étions. Difficile de ne pas apprécier les lieux, au milieu des dunes sous 28 degrés…. Dans le désert des tentes étaient installées pour se doucher ainsi que des sanitaires mais parfois il valait mieux ne pas se doucher… eau gelée !
T. : Le quotidien dans le désert était très simple. Nous vivions de manière minimaliste sans penser aux réseaux sociaux et au lendemain. J’ai pu profiter à 200% des paysages, des personnes sans me préoccuper du quotidien. Nous étions coupés du monde, et cela pendant une semaine. Le matin, nous partions pour le course d’orientation dans le désert, nous déjeunions dans le désert avec d’autres 4L rencontrés sur la route, et le soir nous faisions la fête avec les équipages rencontrés auparavant.
7- Plus qu’un raid automobile, le 4L Trophy possède une dimension humanitaire avec la distribution de fournitures scolaires. Quels échanges avez-vous eu avec les Marocains ?
A. : En soit, nous n’avons pas eu beaucoup de contact avec les marocains. Lors de la remise des dons, nous étions avec les membres marocains de l’association « Enfant du désert » que le 4L Trophy aide. Nous avons pu discuter avec eux, mais nous n’étions pas là lors de la remise des colis aux enfants. Seulement 40 équipages ont eu la chance de participer à la journée « ambassadeur » : journée durant laquelle il est possible de visiter les différentes écoles construites grâce aux dons des trophystes.
T. : Nous n’avons pas eu beaucoup d’échanges avec les enfants car nous étions nombreux sur le camp, et chaque personne devait participer à la distribution des fournitures scolaires.
8- Quel est votre meilleur souvenir ?
A. : J’ai plusieurs très bons souvenirs : les couchers de soleil entre amis dans les dunes, des tours de dromadaires, et surtout les magnifiques paysages que nous avons pu traverser… et bien sur beaucoup de moments qui resteront mémorables avec mon coéquipier !
T. : Mon meilleur souvenir c’est d’avoir bivouaqué en plein désert une nuit. Nous avions fait un feu pour nous réchauffer dans le désert. Des locaux sont venus nous voir afin de discuter avec nous, et nous avons fait un bivouac avec d’autres équipages, c’était vraiment une nuit fantastique.
9- Racontez-nous une anecdote / un moment marquant de cette aventure ?
A. : Nous avons eu plusieurs moments marquants lors de cette aventure : notamment lorsque nous avons voulu couper les pistes grâce à la boussole et le roadbook car le 4L Trophy reste tout de même une course (comptant le moins de km au compteur et non pas une course de vitesse) ! Nous voulions donc être malins et tout couper avec deux autres voitures, nous étions donc 6 jusqu’au moment où nous avons reçu un sms : « Arrêtez-vous ! Vous n’êtes pas sur le bon chemin. Nous espérons que vous ne comptiez pas être bien classé… ». Nous étions tous seuls, perdus au milieu du désert avec rien autour et personne… Nous étions tout de même bien placés les jours précédents et cela nous a déçu car nous voulions à la base être mieux placés en faisant moins de distance… Nous avons cependant bien fini, à la 142ème place sur 1090 !
T. : L’anecdote est toute simple : nous étions sur le bivouac et mon ami m’a dit « nous avons de la chance parce que nous ne sommes pas tombés en panne ». Et le lendemain, bien sur, nous tombions en panne. 3 heures de mécanique avant de repartir.
10- Que représente cette course pour vous ? Qu’avez-vous retenu finalement de ce 4L Trophy ?
A. : Pour moi, cette course représente avant tout une aventure humaine et solidaire. Certes notre aide pour les marocains est petite, mais rien qu’entre les trophystes il y a beaucoup de solidarité sur la mécanique etc. Dès que quelqu’un a un problème, les autres 4L s’arrêtent… Cette aventure c’est partir vivre une expérience de folie, qui restera dans notre tête toute notre vie. C’est aussi partir vers l’inconnu, car nous ne savons pas ce qui nous attend le lendemain et quel problème notre voiture rencontrera… beaucoup d’aventures et de péripéties, mais une belle leçon de vie grâce aux changements de civilisations et aux mélanges des différentes cultures.
T. : Cette course a représenté une belle aventure humaine et humanitaire.
11- Des conseils pour les jeunes qui souhaiteraient participer au 4L Trophy ?
A. : Le plus important est de partir avec une voiture en bon état…. 10 moteurs ont été changés à Algesiras, au sud de l’Espagne. Les voitures n’ont même pas tenu alors qu’elles ne sont même pas allées jusqu’au Maroc. Et bien sûr…. Choisir un bon partenaire ! Beaucoup de personnes ne se sont pas bien entendus à cause du stress, de la fatigue, de la pression…. Il faut bien connaître la personne et savoir comment elle vit.

 

Découvrez l’interview vidéo d’Alice pour la chaîne France 3

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